Pendant longtemps on a cru qu'on allait jamais pouvoir partir ! C'est la faute de la mairie maman a dit. Elle est revenue mille fois avec papa pour des broutilles. La dame à la mairie elle n'avait pas envie de travailler on dirait. Enfin, l'essentiel est que je l'ai eu, mon passeport. Certes avec quelques jours de retard, ce qui fait qu'on a du décaler les dates du séjour. Mais c'est pas grave, on part quand même ! du 15 au 29 mai ! Youpiiiiiiiiii ! Dans la maison, les parents courent partout et tentent de boucler les valises. Ensuite, maman met du pchit pchit contre les moustiques, pour que quand on reviendra il y en aura moins. Au dit au revoir à Timon, Pumba et Salade. Vite vite à table ! Comme c'est un vol de nuit il vaudrait mieux que j'ai le ventre plein. C'est mamie Suzanne qui nous emmène à l'aéroport. Elle est drôle mamie Suzanne ; elle me dit au revoir comme si que je partais pour plusieurs mois. C'est peut-être parce que je vais beaucoup lui manquer. Je suis si attachante...
A l'aéroport, papa s'est rendu compte qu'il a oublié sa veste à la maison. Mamie est repartie la chercher pendant qu'on fait la queuleuleue pour enregistrer nos bagages. Je profite de cet instant pour faire un caprout surnaturel. Maman se demande alors si elle a suffisamment de couches dans mon bagage à main. Mais bon il est trop tard pour faire machine arrière. Mamie revient, papa récupère sa veste, mamie me refait des bisous d'au revoir pour 5 ans au moins, et on passe de l'autre côté, là où on attend l'embarquement.
J'étais toute excitée et je me demandais bien qu'est ce qu'il se passait. Les gens de partout, une voix qui parlait dans un micro, des enfants turbulents pas trop loin, la télé et des boutiques toutes éclairées. J'avais de grands yeux ouverts. Ouverts ? Plus pour longtemps. Je pause ma tête sur l'épaule de maman et je m'endors. Provisoirement !